Le Cap Nord

Jour 1 (et pas des moindes)

 

Jour 1 car enfin j’ai reçu mon fidèle chevalier et tout mon attirail ce matin !

Je descend quatre à quatre les escaliers quand je le vois déposé à l’entrée.  Pas de casse,   trop rassurée!

Je monte directement tout mon barda, je refais les sacoches, et installe  tout ça sur le vélo.  J’ai l’impression que mon velo n’apprecie pas trop tous ces kilos en trop (je parle bien sur des sacoches). Je réalise que j’ai encore trop de choses, je laisse une gourde et un ancien dérailleur de rechange à l’hostel. Un des gars de l’hostel me donne sa carte pour m’envoyer ces objets si jamais j’en ai besoin sur la route.

Je dis au revoir à mes hôtes, très sympas. Elle, est polonaise, et m’explique que les norvégiens sont un peu lents sur les bords car ils on eu l’habitude dans les années 80 que tout tombe dans leur bouche. Apparemment pour payer y a du monde mais pour travailler un peu moins… Je ne peux pas la contredire étant donné les 48h de retard de mes bagages. Mais je n’aime pas les généralités alors on verra bien.

Lui, m’a imprimé la météo pour le cap nord, soi disant pour me motiver. .. j’ai un doute…

Apparemment après 12h ça irait mieux, je lui dis que je pense arriver là bas vers midi …!

Je pars vers 11h00, je me dis que j’en ai pour 2h,  il y a 30 km. …

Je trouve que mon vélo est bien assez chargé je pense déjà à renvoyer des choses à la première poste.

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Je pars, confiante, le ciel est bleu.

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Au bout d’un kilomètre,  je croise une cyclo voyageuse belge, elle vient de vilnus  (en lithuanie), va au cap nord aussi, puis redescendra jusqu’à la Belgique,  par la norvege, on sera donc amenées à se recroiser. Elle s’arrête au camping bien avant le Cap Nord,  elle a eu sa dose pour aujourd’hui. Je suis presque rassurée de voir qu’elle est aussi chargée que moi.

Les paysages sont magnifiques mais le vent est terrible… puis s’ajoute la pluie, les montées qui n’en finissent pas…. l’allez est très difficile.

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Je croise ensuite un jeune tchèque,  qui redescend du cap nord, on discute un peu, mais juste un peu car il fait trop froid. Il est parti de chez lui il y a 4 semaines…. République tchèque cap nord en 4 semaines, c’est « un truc de fou »… il roule 160 km  par jour. En 4 semaines, il n’a dormi que 2 fois en camping. Le reste c’etait camping sauvage. Il a remonté toute la norvege et part ensuite vers la Russie,  je lui demande si ce n’est pas trop compliqué d’entrer en Russie,  il me dit qu’il a de l’argent et de l’alcool pour soudoyer la police des frontières. .. OK vu comme ça… il prevoit un mois pour rentrer, globalement il fait plus de 9000km en deux mois, c’est beaucoup! Mais il a l’habitude il est deja alle jusqu’au maroc, en turquie, depuis chez lui, aller retour en deux mois aussi. il me dit que je suis la première fille qu’il croise, alors on fait une petite photo pour l’occasion.

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Je continue ma montée infernale….

En haut de la première très grande montée  (9% sur 3 km,  avec vent de face…), je croise un autre cyclo, Torsten, un allemand, il revient du cap nord. Il a commencé à kirkenes (tout au bout de la norvege a la frontière finlandaise) et va lui aussi jusqu’au détroit de Gibraltar!! Alors on échange les coordonnées,  on sera sûrement amené à se croiser! Lui a dormi dans un camping juste après sur ma route, je pense fortement à m’y arrêter mais quand il m’annonce que c’est 80 euros, ça m’arrête un peu, voire beaucoup. Jusque là il a eu un temps à 22 degrés. .. La il fait 5 degrés,  c’est intenable. Il fait trop froid on continue nos routes.

Apercevoir un cyclo au loin, de plus dans les conditions assez extrêmes dans lesquelles j’étais,  c’est comme voir l’espoir en personne qu’on va y arriver, que c’est possible, car eux l’ont fait! En plus ils sont vivants! Ils parlent et sourient ! C’est vraiment motivant.

Je realise que je ne m’étais pas assez protègée de la pluie notamment au niveau des mains. Mes doigts commencent à geler, je les fais bouger mais ça m’inquiète un peu quand même.  Je ne sais pas quelle est la température ressentie,  quand il fait 5 degrés,  qu’on est trempé et que le vent décorne  les élans.

La pluie s’arrête,  ça devient limite agréable de pedaler juste dans le froid.

Je mange un peu,  et je réalise qu’il était temps car ma mâchoire s’était limite engourdie….

Je continue jusqu’au bout, parfois sur le vélo,  parfois en le poussant, les rafales de vent sont insupportables mais j’avance quand même petit bout par petit bout.

Les automobilistes que je croise me font un pouce levé, me sourient, applaudissent, ou même me prennent en photo en route…. Bon c’est que mon premier jour mais bon, il n’en reste pas moins, le plus difficile je pense alors c’est cool.

Pour le retour je pense sérieusement à essayer de revenir en stop aupres d’une camping car, sinon ils ne serait que souffrance et je ne suis pas là pour ça.

La fin est rude, parfois le vent me pousse sur quelques mètres,  façon « allez sans rancune » parfois’il m’arrête ou me pousse quasiment au fossé….grrrrr

J’aperçois les installations, au bout de 5 heures à lutter contre le vent. Pour 30 kilomètres et 600m de denivele…. vaut mieux pas faire la moyenne. Mon compteur ne marche d’ailleurs pas, valait peut être mieux pour le moral.

Arrivée la haut, les gardiens m’informent que c’est gratuit, toujours ca de pris. En effet j’avais lu que dans un soucis écologique,  les personnes arrivant à pied ou à vélo ne paient pas l’entrée. Je croise d’ailleurs une jeune fille seule qui repart du cap nord à pied avec sac à dos sur le dos, quel courage.

Quand j’arrive j’ai sous mes yeux ce que je regardais tant sur tous les blogs, les sites pendant trois mois, le fameux globe du cap nord. Je pleure de joie mais aussi un peu de soulagement d’y être arrivée.  Une musique douce et discrète se fait entendre, c’est Ludovico Einaudi, la musique que j’écoute en boucle depuis deux mois depuis que je l’ai decouverte et elle m’accompagne jusqu’ici. Trop beau.

Je ne cours pas faire la fameuse photos devant le globe, mais cherche plutot à rechauffer tout mon corps avec chocolat chaud et muffin…..

Je me dis que « vivre simplement » comme je souhaiterais le faire et le promouvoir avec mes 10 euros par jour va finalement être là chose la plus difficile à faire pour moi.

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Ma gourmandise me perdra, cette fois c’est sur!

Je me renseigne pour’prendre un bus pour le retour, c’est moche mais de toute façon je n’aime pas faire deux fois la même route, et physiquement et moralement je sais que je ne suis pas capable de faire’le retour. Car repartir serait faire de nouveau les 30 bornes car il n’y a rien ici.

Je croise un jeune cyclo en haut, lui repartira en vélo.  Il est fou…

Je visite un peu le site sur’place, réserve le bus, j’ai à peine le temps de faire une photo sans le vélo (alors que j’etais montee expres….) et j’embarque. Je me sens épuisée physiquement comme quand je faisais 120 km a la journee sur l’Eurovelo 6.  Dans cet état la, je ne suis presque plus capable de tirer un sourire, je suis presque à bout de mes forces, j’ai mal aux bras d’avoir pousse le vélo  ( charge, le tout fait environ 40 kilos), le froid me tétanise les jambes et j’ai le visage en feu à cause du vent. Bref je sais que je dois à tout prix éviter ce genre de situation car on ne profite pas de ces moments là.

Je reviens en bus, et décide de retourner passer une nuit à l’auberge pour me requinquer.

Quand j’arrive, surprise, petit vélo à un compagnon pour passer la nuit. J’espère rencontrer cet autre cyclo pour échanger nos impressions.

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Cette journée m’a appris beaucoup de choses.

Que ça ne va pas être une partie de plaisir tous les jours…

Que j’ai vu en grand en venant ici après seulement 3 semaines d’experience l’année dernière sous un soleil de plomb.

Que je vais peut être squatter des auberges si j’en trouve pendant que je suis encore dans le cercle arctique.

Mais que rien n’est impossible.

Certes je n’etais pas prete a affronter ces conditions, je savais que je ne m’etais pas assez preparee, apres je l’ai fait quand meme mais non sans mal. Et je ne me voyais pas enchaîner avec une nuit en camping sauvage. Il faut absolument que je me protége du froid, si je tombe malade, ce sera pire après.

Je dois également mieux réfléchir mon équipement anti froid avant de partir car après,  c’est trop tard…!

 

 

1 réflexion au sujet de “Le Cap Nord”

  1. Coucou Marlène la guerrière !!
    Devant mon ordi, bien au chaud, je suis tes exploits.
    Quel courage, bravo !
    Vivement ton prochain récit.

    Profites !

    J'aime

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