Jour 169 Leon – Rabanal del Camino

La tente 2 le retour !

L’aubergiste (le tyran!?) nous réveille à 6H30 ! en allumant toutes les lumières du dortoir. Ben il fait quoi lui !? Tout le monde se regarde, avec l’oeil qui a réussi à s’ouvrir, et repose la tête sur l’oreiller, tant pis on finit la nuit tranquille avec la lumière !

Ils servent le petit déjeuner, du pain et de la confiture, c’est peut etre assez pour un marcheur mais pas pour un cycliste ! Tant pis, je mange ce que je peux…! Je fais connaissance avec d’autres françaises, finalement mon voyage à vélo attise la curiosité, et le fait que je vienne de Norvège parait insensé ! 

En marchant de si longues distances, ou moi en roulant de si longues distances, ta perception de l’espace change considérablement. Tu ne parles plus en kilomètres mais en jour de marche, ou en jour de vélo. Quand tu rentres et reprends la voiture, tu comprends encore que 25 km à pied c’est loin, eh oui mais en voiture c’est rien. Bref les distances sont ramenés à ta qualité d’être humain et le rythme naturel auquel on devrait continuer a se mouvoir.
Les personnes avec qui je parle donc de mon voyage sont encore plus subjuguées que je puisse venir d’aussi loin car leur compréhension de l’espace est plus proche du mien que de ceux qui ne se déplacent qu’en voiture ou par un autre engin motorisé.

La sortie de la ville est moche, comme son entrée ! Les pauvres marcheurs du chemin ont parfois une demi journée entière de marche pour quitter les périphéries des grandes villes… ! Je vois passer sur l’autoroute une succession de voitures de l’armée, un convoi entier, avec un mec à la mitraillette sur le toit, prêt à tirer, au cas ou un pigeon passerait trop près !? Je suis quand meme interloquée du pourquoi…

Je traverse le joli village de Ospital de Orbigo entièrement pavé. Puis décide de quitter la route pour suivre un peu du chemin ! qui s’ avere etre de la terre d’un orange magnifique que je n’avais papas encore rencontré. Je ne regrette pas d’être sortie de la route ! C’est le dépaysement total !

Dans une montée je me retrouve au meme rythme qu’un pelerin qui m’aborde car il reconnait les autocollants de ma sacoche de Christiania (Danemark), les trois points jaunes sur fond rouge, que peu de gens connaissent ! Alors on discute un peu, il est lithuanien, et après un erasmus à Copenhague, il y vit depuis 3 ans, pour une fille, qu’il n’a plus depuis peu, et un boulot qu’il a encore. Il a pris le chemin à Leon, il connait déjà le chemin du Camino Norte. Il est reparti sur les routes pour penser à autre chose qu’à sa rupture et pense rester un peu en Espagne visiter d’autres amis Erasmus ! une rencontre tres breve qui s’acheve dans la prochaine descente !

Sur le chemin très sauvage, plus loin, un oasis au milieu de rien, des hippies offrent des jus de fruits frais aux pèlerins !

J’arrive ensuite en haut de Astorga, que je rejoins rapidement dans une belle descente, dans les écouteurs c’est LMFAO, ce qui ne colle pas du tout avec l’esprit de la ville ou l’on trouve une très belle et immense cathédrale, ainsi que le musée du pèlerin et le palais de Gaudi. Une très jolie ville. Un stop à la boulangerie et un ancien m’accoste en me racontant qu’il a aussi roulé en France et travaillé pendant longtemps en Hollande, je suis contente de pouvoir discuter avec les anciens, et se comprendre ! car l’impossibilite de communiquer avec l’autre peut etre tres frustrante et enlever une grande part de la beaute du voyage.

Les rampes speciales pour velos….!

Je repars ensuite, toujours sur le chemin, sous un soleil incroyable, je me mets meme en short, en novembre ! Improbable, mais ça fait du bien ! Il doit faire 18 degrés environ.

Je pense meme à planter la tente si je trouve un bon endroit et de l’eau que je n’ai pas assez embarqué avec moi pour camper. Idéalement camper vers une auberge serait sympa, pour passer un peu de temps avec quelques pèlerins, je m’habitue aux soirées « plus toute seule dans ma tente ! ». Et ça me rassure un peu de camper auprès des Hommes pour tout un tas de raison.

Je m’arrête un peu avant Rabanal del camino vers une auberge restaurant, pas une auberge de pèlerin, et demande à planter la tente sur leur terrain, et sans payer cc’est possible ? Le type me répond qu’il ne comptait pas me faire payer quoi que ce soit pour que je dorme dans une tente, limite il me rie au nez !

Je plante la tente un 16 novembre en espagne! S’ensuit une belle sieste sous le soleil, il n’est que 15H00. J’ai l’impression que c’est l’ete qui commence…!

Comme je suis bien, je m’etend de tout mon long sur ma bache bleue sous un beau soleil comme jamais, sous le regard las de ma monture qui comme les enfants se demande surement quand est ce qu’on arrive !?

Je vais un tour dans le village un peu plus loin, très tranquille, quelques pèlerins se promènent, l’auberge municipale est ouverte et assez sympa, j’y prend du wifi, et je rencontre Malu, une française sur le chemin. Après une vie d’assistante vétérinaire puis infirmière pour chats sur Paris (oui j’apprends que ça existe…), elle a passé 4 ans à Madrid en tant que prof de français et apprend désormais l’arabe en autodidacte ! Désormais elle a pris le chemin et ne sait pas pour combien de temps. Elle fait partie des personnes que rien n’attend à son retour, et il n’y en a pas mal dans son cas.

Je retourne à ma casbah avant la nuit, je change d’endroit, et mets la tente sous une grande tente, car le vent se lève un peu, et en fait je suis quand meme à 1072m, quelques degrés de gagner ne feront pas de mal !

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