Jour 191 Faro – Sevilla

Un train peut en cacher un autre…
J’ai fini par me coucher à 2h30 à faire et refaire l’organisation des prochains jours, sans vraiment avancer, et surtout en ne pensant seulement à 2h00 qu’en traversant le rio Guadiana et donc en entrant de nouveau en Espagne,  je vais changer d’heure et perdre une heure, certes je gagne une heure de soleil qui se couchera vers 18H00 au lieu de 17H00 cependant le train que j’ai l’intention de prendre à Huelva lui partira bien à 15h00, heure espagnole ! Le programme est chargée, je prend le premier train jusqu’à la frontière espagnole, que je traverserai sur un ferry, puis une cinquantaine de kilometres à vélo jusqu’à Huelva, puis un train jusqu’à Seville….. !

Je me leve néanmoins vers 6h30 et quitte discretement mes hotes, je n’ose pas les reveiller meme si elles m’ont en fait la demande la veille ! Je rejoins la gare dans les rues désertes mais déja claires de Faro. Quelques fetard errent encore dans les rues à la recherche… d’un dernier verre ? du chemin du retour jusqu’à chez eux ? d’un lever de soleil sur le port ? …
Et j’aime rouler dans une ville à cette heure si tot, elle est tellement différente du reste de la journée ou chacun marche vite, ou il y a trop de bruits à cause du trafic, et d’animations dans les commerces ouverts… le meilleur souvenir que j’ai de Venise il y a quelques années est celui de mon arrivée avec une amie à 5h45 à la gare centrale ou l’on a  ensuite parcouru les ruelles pour enfin tomber par hasard sur la place Saint Marc, complètement déserte, à part quelques mouettes qui se battaient en duel… Chose rare que vous n’aurez pas en pleine journée au mois d’aout ou la place et les ruelles sont absolument noires de monde et vous emepchent de voir le charme de la ville en elle meme.

Sur le quai de la gare il y a deja beaucoup d’ambiance, un petit groupe de fetards est encore agrippé à leurs bieres et leurs joints, et traversent à tout va les voies, la securité ferroviaire n’est decidement pas le fort des portugais.

Nous sommes quand meme quelques uns à attendre l’ouverture du train et échangeons des regards amusés entre gens sobres et « distingués » sur le sketch que nous offrent ces fê-tard-ifs !

Dans le train, l’ambiance continue… le controleur reste cool avec ces jeunes portugais mais aussi d’autre qui viennent des anciennes colonies portugaises, comme l’Angola, il a l’habitude des fetards de la veille du jour férié qui viennent feter ça à Faro. Aujourd’hui ils ont meme payé leur billet il est sympa avec eux, la dernière fois ils ont cassé 6 vitres dans le train… du coup je comprend pourquoi mon voisin a gardé son casque sur la tete durant tout le trajet !?
Le controleur est tellement « un cool guy » comme il me dit qu’il les laisse fumer dans le train, dans le compartiment ou il y a petit vélo, on ouvre la porte pendant que le train roule, et voilà ça fait une salle fumeur !


Je prends ensuite le ferry pour traverser, et dire au revoir au Portugal, c’est peut etre mieux comme ca plutot que de mourrir d’overdose de pasteis de nada….! Sur le ferry je rencontre Pilar, une soixantenaire qui a un appartement au Portugal et repars chez elle, à Cordoba ! ou je compte aller ! on échange les contacts et lui fait comprendre dans un espagnol approximatif et laissé de côté pendant que j’étais au Portugal, que je passerais surement la voir à Cordoba ! J’ai passé la nuit à essayer d’anticiper le reste du voyage mais j’avais oublié qu’en Espagne, les espagnols font que tout est possible, sans trop se poser de questions, les rencontres sont nombreuses et les contacts chaleureux, de l’aide, si j’en ai besoin, j’en aurai facilement.

Débarquée du train, je roule rapidement en direction de Huelva, tantot sur les chemins, tantot sur la route, il y a pas mal de vent de face mais beaucoup de cyclos sur la voie derriere lesquels je peux parfois me réfugier ! c’est le cas avec Manuel qui m’accompagne un brin de route jusqu’à Pele. Il me dit que je n’atteindrais pas Huelva avant 15h00 pour le train, c’est vrai que ça va etre chaud mais j’aime bien quand on me dit que c’est impossible, j’ai toujours envie d’essayer. alors je pédale à fond…les genoux m’en veulent mais tiennent le coup.


J’arrive finalement 30 minutes en avance dans le train, meme le temps de me changer et enfiler des habits qui me font presque passer pour une passagere lambda et de me faire des sandwich fromage banane (gastronomie quand tu nous tiens…).


Je souris à tout va, il ait 21 degrés, beau et chaud, comme jamais, ce soir je dors à Séville, c’est top ! Je crois d’ailleurs que c’est peut etre un des jours les plus chauds que j’ai eu depuis le début du séjour, et il arrive au mois de décembre, tout arrive à qui sait attendre !

Les paysages défilent et ce sont des immenses terres de culture sur cette grande plaine dont je ne rate pas un moment.


Arrivée à Séville, je suis bluffée par la beauté de la ville, je roule en fait jusqu’a la Plaza de Espana ou je reste sans voix, c’est impresionnant, beau, magniique, gigantesque, c’est sans description possible, c’est à voir. Je suis surprise qu’il y ait autant de touristes encore à cette époque mais je comprendrais plus tard que c’est à cause du 8 décembre, jour férié et de fêtes ici. Je ne pourrais meme pas avancer avec mon vélo, meme en évitant les poussettes, les chevaux des calèches, les badauds qui lèchent leur glace le regard rivé sur celle qui est en train de couler sur le bord du cornet, ceux qui hészitent entre une gauffre et un churros au marchand ambulant, les couples qui font des selfies pour ensuite passer dix minutes à se commenter sur la photo et en refaire un énième…

Priorité, se débarasser du vélo et aller à l’auberge, je choisis le Triana hostel, de l’autre côté du rio Guadalquivir, un peu en dehors de l’euphorie qui est en ville !

J’arrive et suis super bien accueillie par des françaises qui sont en workaway, l’hostel est génial on dirait un riyad marocain, le toit terrasse a encore quelques hamacs qui se balancent, un jacuzzi qui a perdu ses bulles pour l’hiver, et ce soir c’est sangria gratuit pour tout le monde ! Le paradis… j’ai un tarif pélerin de 13 euros. En Andalousie les hostel ne sont  vraiment pas chers, c’est quasiment le prix d’un camping…

Je ressors ensuite en ville, le marché de noel, la patinoire, les décorations dans les rues, les vendeurs de marrons chauds, tout y est, c’est ambiance Lumières de Lyon un 8 décembre, sans le vin chaud certes, mais avec 20 degrés de plus, et il reste possible d’avancer dans les rues…


Ces moments me rappellent pourquoi je suis la, ah oui parce que j’avais un reve, de choisir d’avoir du temps plutot que de l’argent, de collectioner les moments plutot que les choses, et de découvrir le monde.
Je suis quelqu’un qui a tendance a ne croire que ce qu’elle voit, qui ne fais a moitie confiance dans l’avis des autres et préfère remettre en doute les dires d’autrui, parce que j’aime avoir mon propre avis et parce que l’opinion est toujours une question de ressenti et d’une multitude d’autres parametres. J’aime aime etre convaincue par du concret. L’Andalousie, voire l’Espagne en général, beaucoup de monde m’en a parlé, cependant je n’avais aucune attente, aucun a priori, pour moi l’Espagne c’était la destination des plagistes qui en avaient marre de la cote d’azur ou de ceux qui voulaient sortir et bronzer pendant une semaine non stop autour de Barcelone. Je ne voyais pas vraiment l’Espagne comme autre chose que les clichés véhiculés par la jeune génération.Eh bien là, je suis bluffée, et je comprend pourquoi on peut tomber amoureux de l’Espagne, et spécialement de l’Andalousie. C’est beau et tout vous prend au corps et au coeur.. Beaucoup de monde tombe aussi amoureux de l’Italie, mais l’Andalousie… ! Qui plus est en hiver, elle est plus authentique, il y a moins de touristes.

En chemin j’ai croise deux energumenes a velo dont je n’ai pas pris le temps de connaitre. j’ai appris en arrivant a Seville qu’une warmy pouvait m’accueillir a Huelva, et qu’en plus elle accueillait un couple de hollandais, c’etait Zoe et Olivier… aller trop vite vous fait parfois rater de beaux moments de retrouvailles, de belles personnes a rencontrer ou a revoir, mais quoi que vous fassiez il y en aura toujours d’autres encore qui croiseront votre chemin, et ce, ou que vous le traciez. 

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