Jour 195 Tarifa – Cordoba

Une embrassade et puis encore une fois, je repars…. je ne cesse de m’en aller… et ces bras  et embrassades d’inconnus, connus a peine seulement quelques heures, ce sont eux qui m’auront apporte chaleur et reconfort tout au long du voyage, eux qui m’auront connu qu’en tant que voyageuse.

La veille j’ai préparé le dernier plat de pates, pour le dernier ride jusqu’à Gibraltar.

Je quitte Tarifa avec grand regrets, je regarde en arriere, je m’arrete parfois en route en voulant faire demi tour et prendre ce ferry !!!! Après Gibraltar je remonterai sur Cordoba puis Madrid pour rejoindre la France, avec cette impression de revenir sur mes pas…. Revenir en arriere, ca ne me ressemble pas, je ne me reconnais plus, vous non plus ? Ben oui voila, c’est pas moi. Je roule sans y croire, presque par obligation d’aller à Gibraltar, mais si je suivais mes envies, je serai dans un train pour Marrakech… ou encore dans un  hamac au soleil… Rentrer c’est retrouver les 5 degrés alors que je suis aux portes du soleil qui m’a tant manqué pendant tout le séjour. A la porte de réaliser un autre reve, celui de toucher du bout des doigts le Sahara. Bien sur, le Maroc sera toujours la, mais la il est sous mes yeux, et j’avais l’occasion. Christian traverse le lendemain, Franci est a Agadir, Andrew l’australien est dans les dunes, et Colin m’apprend également plus tard qu’il s’y rend… Bref je commencais a connaitre plus de personnes au Maroc que n’importe ou ailleurs, autant de signes qui te font comprendre que là, le Maroc est a portée de roues…! 

Seulement le compte n’est plus ce qu’il etait au début, voire meme pire que ce que je pensais… C’est le choix raisoné de rentrer pour régler administrativement ma situation, de plus je fais la surprise à la famille pour un evenement bien special qui se rapproche, et pour lequel je prend des trains, des bus, et pas le temps depuis plus de 2 semaines pour arriver a prendre un avion à Madrid dans 4 jours ! Voila mon choix…
Tarifa est officiellement le point le plus au sud, c’est LA ville du detroit de Gibraltar. Gibraltar, la ville en elle meme, n’en a que l’appellation et attise la curiosire par son statut particulier, c’est un petit bout anglais au fin fond de l’Espagne.

La route n’est pas jolie, je longe la nationale qui m’amene jusqu’a Algeciras, qui est, selon le guide de l’Espagne que je lirai plus tard, une ville connue pour etre traversee par des larges convois de coitures chargees a bloc de vacanaciers d’origine maghrebines qui rentrent au pays. En effet je n’aurai rien rate a ne pas dormir ici la veille, c’est aussi un immense port, quasiment plus grand que la ville.
L’acces a Gibraltar en velo n’est ensuite pas evident, je prend des autoroutes, traverse des zones industrielles immenses avec des industries chimiques, d’ou partent les gazoducs, qui plongent ensuite sous la,mer jusqu’au Maroc.

Avant d’atteindre ce gros rocher que je vois apparaitre au milieu des cargos contenaires, je suis entouree par une petite equipe de cyclistes anglais m’encourageant a aller « au plus bel endroit sur la terre » selon eux… ils me laisseront neanmoins paser la frontiere seule, c’est triste, mais c’est emouvant…. je pleure de joie mais aussi de tristesse. Voila, c’est fini, comme dit Jean Louis  (…..Aubert!).

Je montre ma carte d’identite au douanier qui ne la regarde meme pas, traverse la piste d’aeroport qui relie Londres a Gibraltar en vols reguliers et entrent dans cette ville ou le beton grignotte petit a’petit l’immense montagne. J’ai l’impression que c’est un monaco meme si je n’y suis jamais allee… ca transpire la richesse au soleil. La vieille ville pietonne est bourre de commerces duty free, on peut y manger des fish n chips et boire de la guinness dans les pubs, c’est vraiment l’Angleterre. Mais tellement touristique. De loin, les pentes abruptes du rocher tombant dans la mer me rappelaient la norvege.

A mon arrivee donc, pas de banderolles bienvenue marlene et petit velo, pas de tonneres d’applaudissements ni de ola, de confettis jetes a la figure. Et dans ma tete, mes premieres pensees vont vers tout ce que je vais pouvoir faire : manger des fruits et legumes, faire une vraie lessive, faire une pause avec petit velo, trier les sacoches et me debarasser de ce que je nai plus besoin, chanter, danser, sans regarder quelle route prendre le lendemain… je me sens epuisee, mais triste que ce soit termine…

Je ne m’eternise pas, j’ai un bus a prendre pour rejoindre Cordoba ou je dors chez Pilar qui m’accueille. Dans le bus, idem, personne n’applaudit, pas de chant « et il est ou Mimi? Et il est ou Mimi? », rien… j’attends, peut etre qu’ils vont faire la surprise apres ou qu’ils ont encore besoin de repeter….

Voila je suis sur la route du retour, j’essaie de ne rien rater des paysages pendant qu’il fait encore jour, le trajet durera 6 heures… La lune fait son entrée et c’est le pleine lune, elle éclaire sans pareil ces paysages montagneux du sud de l’Espagne. On distingue des énormes masses grisatres aux formes étranges dont les contours sont dessinés sous la lune.

Je me laisse mourrir à petit feu dans les sièges, je peux desormais laisser aller la fatigue… 

Dans ma tête, le voyage est terminé…

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