Espagne / Spain

Je suis restée un petit mois en Espagne, en commençant à Santander que j’ai rejoint par le ferry depuis l’Angleterre. 24 heures de ferry, qui sont bien passés, même sans cabine. On peut s’installer sur les sièges relax, voire étaler son matelas et son duvet, ce que j’ai fait ! A bord, tout un tas d’attractions pour dépenser de l’argent, tuer l’ennui, manger français (car c’est une compagnie française qui assure la traversée), ou bien profiter du temps libre pour apprendre l’espagnol (et rattraper son retard !) et creuser dans ses
provisions, ce que j’ai fait…

Arrivée à l’aube, sous une belle pluie, j’ai posé le pied, enfin la roue avant, sur le sol espagnol, avec une belle émotion, enfin j’y étais ! Je n’aurai pas longé
la  côte atlantique française pour rejoindre cette contrée normalement ensoleillé, mais je suis quand même émue d’y être !

Je découvre le nord de l’Espagne, la Cantabrie, la Castilla y Leon puis la Galicie, avec une entraide et des amitiés dont les visages resteront longtemps gravés dans mes souvenirs. Un relief plein de surprise et des villages très isolés qui méritent le détour. Une gastronomie retrouvée, des rayons remplis de chorizo et de fromages….

Mon itinéraire était au début de suivre le chemin de Compostelle en prenant le chemin du Nord, cependant au fur et à mesure des rencontres et des opportunités, des conseils et de la météo automnale, j’ai fini par rejoindre le Camino Francès à hauteur
de Fromista. Il est plus haut en altitude (environ 800m) mais moins près des
côtes donc moins de pluie et moins venté mais des températures légèrement plus basses. Je n’ai donc pas fait le Pays Basque et même manqué la cathédrale de Burgos ! Ce sera pour garder une raison d’y retourner !

Le Camino Francès se fait bien à vélo, et se fait même très bien, car il y a une longue portion, rectiligne, sans relief, au paysage identique sur des dizaines de kilomètres lorsqu’on traverse la Meseta ! En choisissant de suivre ce chemin, je manque le parc national de Los Picos de Europa, ainsi que tout le littoral
nord. Pour les voir il vous faut emprunter le Camino Norte ou le nouveau chemin de Compostelle sorti des oubliettes récemment : le Camino olvidado ou « vieux chemin » qui traverse les montagnes (http://www.elcaminoolvidado.com/).

 

L’accueil dans les gîtes de pèlerins et par les pèlerins a été bon, malgré que je fusse en vélo. Les Pelegrino sont de plus en plus habitués aux Bicigrino, sur vélo de route ou VTT, et de plus en plus de gîtes et villages s’adaptent à ce nouveau mode de transport  pour parcourir le chemin. Du moment que vous respectez leur chemin, ils respecteront le vôtre. Les tarifs de gites varient entre 5 et 20 euros, voire une donation sans prix fixé, il faut cependant bien se renseigner sur ceux restés ouvert pendant l’hiver. 

De mon côté les nuits dans les gîtes étaient un retour à la relation commerciale pour dormir, ce à quoi je n’étais plus habituée depuis quelques temps mais la nuit arrivant tôt en novembre, j’ai choisi d’expérimenter les gîtes et rencontrer les pèlerins, avec tant d’histoires différentes rassemblées sur un même chemin historique, des rencontres souvent typiques et atypiques, mystiques, voire inoubliables. C’était presque l’étape la plus sociable de mon périple en tout cas depuis l’été où j’avais rencontré beaucoup de cyclos, et beaucoup moins sur la saison automnale.

A St Jacques de Compostelle, une petite émotion mais sans plus, les souvenirs ne concernent pas la destination mais bien le chemin.

J’ai ensuite quitté l’Espagne pour le Portugal, mais je l’ai de nouveau retrouvé directement au Sud vers Huelva, dans la belle région d’Andalousie qui m’a tout de suite charmée, grâce à ses températures très douces au mois de décembre, environ 20 degrés !

Le rythme de la vie suit le toucher des guitares de flamenco, tantôt brut, tantôt doux, le climat avec un froid sec et un soleil éclatant, et l’architecture qui mêle l’Europe et l’Afrique. La douceur de vivre s’emmêle avec le tempérament enflammé  des espagnols qui donne un dynamisme perpétuel
aux nuits infinies et magiques andalouses. C’est un doux mélange par lequel on se laisse très vite porter.

Séville, Cadix, Tarifa, offrent un patrimoine historique riche, mais aussi des mélanges culturels qui nous transportent de l’autre côté de la Méditerranée avec des vestiges de l’occupation arabe. Les cités de Cordoba, Sevilla et Granada sont magnifiques, bien que la côte (Malaga) soit entièrement bétonnée. Cependant l’extrême sud reste un bon terrain de jeu car il est très vallonné et désert hors été, avec néanmoins encore un bon climat. Les côtes offrent des plages idéales et ventées pour les sports tels que le Kitesurf, Planche à voile, surf, … les montagnes à flanc de mer offrent de belles ballades aussi.

L’Andalousie est littéralement envoûtante !

L’Espagne m’a plu, et les espagnols viennent très vite vous parler, vous rencontrer, vous étreindre, vous faire découvrir leur culture, si bien qu’il est impossible de se retrouver seul ou de s’ennuyer en Espagne.

On trouve maintes auberges de jeunesse à partir de 10 euros la nuit en période creuse, les terrasses sur le toit équipées de hamacs et parfois de douches permettent de profiter pleinement des longues journées estivales. Par conséquent j’ai fait peu de nuit en camping sauvage en Espagne, dû principalement à la saison et à l’envie de me mêler à la foule ! Mais les places ne manquent pas. Cependant il y a peu de Wharmshowers sur le territoire espagnol, voire très peu dans le sud.

Si vous cherchez du travail en Espagne, malgré la crise, dans les grandes villes c’est toujours possible, Madrid, Barcelone, …, car l’avantage est d’avoir les langues, le français et l’anglais qui sont très recherchés. Si vous parlez un peu
d’espagnol, alors vous avez un gros atout. Ce ne sont pas les salaires de
Norvège, mais la chaleur humaine rattrape ! Dans le secteur du tourisme,
vous trouverez facilement dans les lieux de villégiatures, sur l’ensemble des
côtes sud et est quasiment toute l’année, sauf mois de Janvier et Février,
plutôt creux.

 

Les liaisons ferries depuis/vers l’Espagne :

Angleterre ou Irlande – Santander / Bilbao

Huelva / Cadix – Iles Canaries

Tarifa – Tanger + nombreuses autres liaisons Sud Espagne – Nord Maroc / Nord Algérie

Barcelone – Tanger / Gênes / Sardaigne

 

Les hébergements testés :


Cadix : http://www.casacaracolcadiz.com/es/

Séville : http://www.trianahostel.com/fr/

Tarifa : http://www.meltingpothostels.com/

Madrid : http://catshostel.com/

 Albergue Municipal de Fromista

http://www.bicigrino.com/

Albergue del Monasterio de las Benedictinas à Leon

Albergue Municipal Xunta de Galicia de Sierra

Refugio Ave Fenix à Villafranca de Bierzo

https://www.facebook.com/albergue.avefenix

Les associations rencontrées sur la route :

Camino olvidado :

https://www.facebook.com/caminoviejo.santiagoburgos

Quelques livres parlant du chemin qui m’ont inspiré…

Via Compostela de José Casatejada

En avant route…! De Alix de St André

Le film The Way