Portugal

 

Dès les premiers  coups de roue au Portugal, j’ai aimé ce pays ! Ma première frontière passée en roulant, en traversant le Rio Minho. Un sentiment étrange m’envahit, peu de choses ont changé par rapport à l’Espagne de l’autre côté du pont, et pourtant on a l’impression d’entrer dans un autre monde, de s’éloigner un peu plus de l’Europe ! C’est vrai qu’on en est un peu au bout, dans un de ses 4 coins, et puis au-delà, l’océan infini, l’Atlantique…

Je ne sais pas s’il y a un parcours idéal pour visiter le Portugal tant les côtes et l’intérieur des terres sont différents et valent tous deux le détour. Cependant je proposerai celui-là :

         commencer par le nord avec un détour par Braga, puis une halte dé-gustative et transpirer un peu dans les ruelles pentues de Porto, remonter la Vallée du Douro, ou longer la côte et finir renversé sous les vagues gigantesques de Nazaré, découvrir la
riche histoire de l’ancienne capitale portugaise Coimbra, le sanctuaire de Fatima, puis l’incontournable Lisbonne (celle qui dit-on ne représente pas le Portugal, en même temps Paris représente-t-elle la France et les Parisiens les Français…. !?), enfin se dépayser complètement sur une planche de surf sur les plages sauvages de la côte ouest en s’imaginant aux confins de l’Australie, puis toucher du doigt le bout du territoire européen en rejoignant la pointe sud-ouest du Cap St Vincent et longer la côte sud, la région de l’Algarve avec les anciennes cités de Lagos et Faro.

Ce n’est pas forcément l’itinéraire exact que j’ai suivi car j’ai plutôt fait en fonction
des personnes rencontrées, et d’autres critères qui comptent beaucoup en vélo : la météo, les routes, les températures, les problèmes techniques, les endroits où dormir, la fatigue, le moral, le budget, les contraintes temporelles etc…

J’ai suivi le Camino Portugues de St Jacques de Compostelle jusqu’à Porto. Puis j’ai longé la côte sud ouest avec une nature sauvage et des plages qui accueillent les vans où
les habitants y partagent leur espace avec leurs planches de surf !

J’ai traversé le Portugal fin novembre et le climat y est encore plutôt clément avec des
températures autour de 15 à 20 degrés. Quelques pluies éparses, les baignades sont rares mais quelques surfeurs affrontent les vagues en combinaison.

Un road trip au Portugal se fait bien, car les distances ne sont pas trop grandes à parcourir en voiture, mais les paysages changent très vite, entre l’intérieur des terres
très rural et parfois montagneux et traditionnel et les côtes balayées par les vents sous un soleil douillet. Il est également possible de faire la plupart du pays en train et bus dont les prix sont deux fois moins chers environ qu’en France
(https://www.cp.pt/passageiros/pt), sinon le stop marche aussi depuis les grandes villes.

 Voyager au Portugal c’est aussi voyager dans le temps, on se surprend à voir des chantiers en plein rue où les routes sont pavées à la main, dans une ambiance de village,
lorsqu’il pleut, tout le monde va s’abriter dans le troquet du coin… La vie y est simple et douce.

Je n’ai pas eu beaucoup de contacts avec les locaux malgré la sympathie qu’ils m’attiraient. Je ne parlais pas un mot de portugais et mis à part les jeunes, l’anglais n’est
pas aussi répandu qu’en Espagne. De plus, j’ai senti les portugais d’un naturel plus méfiant, contrairement aux espagnols qui accueillent tout le monde les bras plus ouverts que votre propre famille. Je suppose qu’il faut plus de temps pour les connaître, et leur expliquer qu’une fille qui se balade à vélo n’est pas dangereux en soi, ni même bizarre dans le monde d’aujourd’hui ! Les logements chez l’habitant que j’ai pu expérimenter étaient plutôt chez des étrangers installés au Portugal que des Portugais même.

Il est très facile de trouver des spots de camping sauvage, notamment sur d’immenses
plages, même si en période touristique, il est interdit de le faire et les contrôles peuvent être récurrents. Le réseau Warmshower et Couchsurfing ne sont pas très développés.

Pour les cyclos, les routes sont correctes, cependant le centre des villages sont souvent
entièrement pavées et les routes départementales n’ont aucun espace pour les
vélos, mieux vaut privilégier des petites routes secondaires, même si elles peuvent
en réalité vite se transformées en chemin de terre.

L’idéal est d’être équipé en VTT pour passer partout, même pour suivre l’Eurovélo 1 qui
longe la côte ouest et vous fait parfois traverser des garrigues de sable !

Trouver du travail au Portugal n’est pas une mince affaire, je n’ai pas spécialement regardé ces pistes contrairement aux autres pays traversés où j’ai toujours rencontré
des opportunités de travail ou du moins les ai testées. Au Portugal, il y a la barrière de la langue, et le salaire, bien qu’à quelques 1000km de la France descend pourtant  à 400 euros pour un smic. Un ingénieur peut atteindre un smic français, ce qui représente déjà un bon salaire local. Certaines choses sont moins chères (le transport, la nourriture)
cependant le coût du logement n’est pas spécialement bas.


Pour moi le Portugal aura toujours un gout de Pasteis de Nada !!!