Préparation

Pret-paration

Du temps – Un vélo – De l’énergie

La « prép » à qui ?

Certains diront que c’est une « lubie », moi j’ai trouvé l’attente bien assez longue…

Ai-je bâcler la préparation ? La preuve en est aussi que cet article soit finalisé six mois après la fin de l’aventure montre un certain excès de procrastination, ou bien une légère tendance à improviser mes folies…. Un peu des deux.

La préparation du projet ne représente finalement pas grand-chose lorsque dans la tête la décision de partir est prise et qu’on attendait finalement ça depuis plusieurs années. Et puis la préparation c’est un tout, je crois que je me préparais depuis longtemps sans vraiment avoir sauté le pas, et puis la vie fait que c’est le bon moment.

Pour ma part, la décision de fermer la porte aux opportunités et confort professionnel a été le plus grand pas que j’ai fait. Ensuite mes week end et vacances à vélo précédentes en solo préparaient ce grand voyage, tout comme l’amenuisement de mes biens, l’arrêt de la surconsommation, un train de vie sportif et intense. Bref s’habituer au peu de matériel, et travailler un peu son mental et son physique.

Ensuite quand la date de départ a été fixée, j’ai passé des soirées à potasser sur la faisabilité, mais je réalise que le voyage aurait été aussi beau en ayant rien préparé du tout. En général, quand j’ai l’idée, je regarde toujours si quelqu’un l’a déjà fait, tout seule, possiblement une femme, et regarde un peu les galères rencontrées pour voir si je saurai y faire face aussi.

Mais avec du recul, le voyage aurait été différent dans la durée et le déroulement si j’avais été clair sur le fait que ce voyage avait une durée illimitée. Le manque de préparation et d’anticipation a fait que le budget, les saisons, et l’inquiétude des proches a rythmé mon voyage tout le long et en a créé la fin.

Je n’ai longtemps pas cru en moi (lubie or not lubie, that is the question !). Et puis quelqu’un m’a dit…. : « le fait que tu aies ne serait-ce que l’idée de ce  projet, c’est que tu es déjà capable de le mener à bien ». C’est vrai ça ! Ne pense-t-on jamais à ne réaliser que ce qu’on croit possible de réussir !? Autrement dit, même si je n’avais aucune idée de ce dans quoi j’allais me lancer, l’important c’est de croire en soi et en ses choix, le reste normalement suit…

 

Prendre la décision :

J’ai pris la décision officiellement (!) Environ trois mois avant le début du voyage, ce qui est correct.

Le temps de préparation peut de toute façon durer une semaine ou un an, l’important c’est d’être prêt dans la tête, dès lors une somme d’énergie monstrueuse se met en marche. Sauter le pas, décider que là c’est le moment, que rien d’autre ne compte, qu’on ne se voit pas mettre toute son énergie dans autre chose, que oui je suis prête à abandonner tout ce qu’il y a autour de moi, et même surtout les bonnes choses, les bonnes personnes, les bons endroits, la belle Vie ! Allez let’s go !

Voyager j’y pense depuis longtemps, pour ne pas dire tout le temps depuis des années. Pendant un temps ça mûrit, ça mature, on en parle, on hésite, on regarde, on teste, et puis il y a le déclic. Pourquoi ai-je mis autant de temps à franchir le pas ? Un chemin professionnel que j’avais envie de tracer avant de m’abandonner au hasard, puis les rencontres au fur et à mesure m’ont ramené aux amours de jeunesse, le voyage, et des rencontres clé m’ont poussé à croire en ce projet.

A la fin de mon petit tour sur l’Eurovelo 6 en août dernier, le dernier jour, l’erreur d’un guichetier de la gare de Bratislava change mes plans et me fait tomber sur un autre cyclo, un polonais, Lukasz, qui a tout abandonné pour rouler sur le monde, sa dernière phrase résonnera loin en moi et je ne pourrais plus m’en défaire : « Go back to France, back to work, have a great carreer and make a nice family » dans un air presque théâtral et légèrement narquois. J’esquisserai un sourire, ne répondant rien. Puis en y repensant, non, ce  n’est absolument pas ce dont j’ai envie.

Et puis quand on me dit de faire un truc, j’ai la fâcheuse tendance à m’obstiner à vouloir faire l’inverse… et aussi un petit côté Je n’aime pas faire comme tout le monde.

Fin août, dès le deuxième jour de retour de congé, je me demande ce que je fais au milieu de cette réunion où, pour ne pas y perdre mon temps, je commence à lister ce qui me manque pour organiser un plus grand périple ! Les larmes me montent aux yeux de revenir à cette vie ordinaire qui n’a plus de sens pour moi.

D’un naturel peu organisé dans ma vie personnelle, voire très bordélique, si l’objectif est visible, alors je sais tracer le chemin qui me reste à faire pour l’atteindre. Comme on disait dans ma boîte «  il n’y avait plus qu’à ».

Même si peu importe où j’irai, c’est la liberté qui compte, c’est rassurant pour soi et pour tout le monde de monter un projet, ou au moins tracer une ligne directrice, prouvant qu’il ne s’agit pas d’une énième lubie de mon cru.

 

 

Avoir du temps

 

Ce que tout le monde envie chez les voyageurs au long cours… c’est le temps.

En démissionnant j’ai choisi d’avoir du temps plutôt que de l’argent… Alors j’ai envie de dire Avoir du Temps est un choix, non pas une chance.

Je choisis donc de me défaire entièrement de mes obligations envers mon employeur afin de n’avoir aucune date de retour possible. Je démissionne…

J- 3 mois. Au propre cela signifie que je pose une feuille sur le bureau de mon Directeur, au figuré, j’ai le sentiment de poser quelque chose que les filles n’ont pas…

bref je deviens une assistante de direction « dans le vent! »

 

Avoir de l’argent !?

Mon solde de tout compte et mes dernières paies passeront intégralement dans ce voyage mais pas plus. Le but n’étant pas de revenir à découvert et être un éventuel fardeau pour mes proches.

Mais de nos jours il existe beaucoup de tour du mondistes qui partent avec 0 en poche pour contrer le monde consumériste d’aujourd’hui et prouver la solidarité qui étreint le monde. Alors ce n’est pas un critère, mais dans le fond ça rassure…

Je choisi également de ne pas entreprendre de cagnotte, de récolte d’argent avec tombola et tee shirt à mon effigie, car je considère que c’est mon projet, et que je veux l’assumer seule.

Cependant nombre de mes proches, familles, collègues, m’aideront de quelques nature que ce soir avant le début du voyage ; mais également de nombreux inconnus pendant le voyage.

 

 

 

Choisir la route

 

Savoir où on va, quelle route on prend, par où on commence !?

 

J-3 mois : J’ai réservé un vol pour Tromso pour ne plus reculer et donner du concret au projet, puis le bateau Hurtigruten jusqu’à Honnigsvag pour rejoindre le Cap Nord avec tout mon barda. Le vol booké, les hésitations n’ont plus leur place. Le rétro planning est lancé.

Ensuite j’ai tracé grossièrement une ligne à suivre, globalement longer les littoraux de pays où je n’ai jamais posé le pied, du nord au sud…

Pour le reste c’était totale impro, une carte, un guide, des personnes qui vous montrent un chemin du bout du bras tendu, des offices de tourisme, des personnes à aller saluer, des accueils ici ou là, tout ça ce n’était pas tracé.

J’ai lu grossièrement des Routard et Lonely Planet des pays et pris quelques infos auprès de personnes connaissant les pays. Du coup ce que je savais avant de partir c’était que :

Il ne fait pas si froid que ça au Cap Nord car il y a un courant d’air chaud. Il y a des midgies en août en Ecosse. Il pleut beaucoup en Irlande. C’est l’année du jubilé en Espagne. Au Portugal c’est pas cher !

Voilà.

mais je n’avais clairement pas assez de temps pour faire une TO DO LIST des endroits à ne pas manquer, des choses à voir etc… Je dirai que c’est en ça que la préparation pourrait être plus utile, cependant je n’aime pas prévoir alors ça aurait été vain.

Suis-je partie à l’arrache ? oui mais pour moi c’était le maximum de préparation que je puisse faire. Plus on prépare un projet, plus on met des attentes dans le résultat, et ce n’était pas le but. Le but c’était de plonger dans l’inconnu les yeux fermés et voir ce qui se passerait ensuite, et le plus important, voir si j’allais aimer ça !

 

Le vélo et l’équipement

 

J’aborde le choix des équipements dans la page….Equipements !

Mais pour faire court, j’avais le vélo, j’ai acheté des sacoches (très peu en vente occasion) et je souhaitais de la qualité, de la marque, imperméable…

Entièrement novice dans la pratique du camping, de l’utilisation d’un réchaud, le choix d’une tente etc, j’ai passé beaucoup de temps à rechercher les bons acolytes pour ce voyage.

Le catalogue tome 1 du vieux campeur est devenu ma bible au pied du lit, on s’extasie devant des objets astucieux jamais imaginés, on s’étrangle devant les prix des duvets 0°C compressé, on compare les tentes 4 saisons au millimètre près, …. on se passionne aussi pour des blogs insoupçonnés comparateurs de produits comme www.monrechaud.com.! Et on finit par peser tout ce qu’on serait susceptible d’amener avec nous…. Les sacoches finiront quand même remplies de souvenirs inutiles mais chers de cœur pour emporter un peu de nos proches sur la route. Bref mes sujets de conversation en soirée étaient uniquement liés au benchmark des meilleures techniques d’allumage d’un feu, de tissus imperméables, d’astuces en tout genre pour des situations en tout genre que l’on s’imagine rencontrer…

Voilà à quoi ressemblent les soirées avant une aventure comme ça. ..!! Youpi !

Je ne voulais pas non plus que ma démarche d’abandon de la vie Conso-Boulot-Dodo se transforme en j’achète pleins d’équipements neufs alors que j’ai tout un tas de choses déjà en double chez moi qui feront bien l’affaire. J’ai limité mes achats et me suis concentrée sur les basiques : manger chaud et dormir au sec.

J’apprendrai également aux côtés de collègues le bé-a-ba de réparation de vélos. J’apprends à connaitre les spécificités de mon vélo, à le démonter et le remonter, à remplacer certaines pièces.

 

Donner du sens au voyage

Etant plutôt régie par la raison, il me fallait au départ donner du sens à ce voyage. Je suis passée par toutes les phases : recherche de sponsors, récolter des dons pour une association, faire un vélo vert avec des petites plantes accrochées au cadre (oui oui !), promouvoir la vie simple, la protection de l’environnement, de l’enfance, la reconnaissance de la femme, la paix dans le monde, l’abolition de la famine, bref oui je voulais un peu changer le monde en faisant ce voyage !

Et puis en échangeant, en me documentant, j’ai préféré ne pas faire appel à des sponsors afin de garder une liberté, de ne pas m’engager pour une association car je n’étais pas sûre qu’au bout de 2 semaines je ne serais pas de retour à la maison, au final ce voyage c’était pour moi que je le faisais, et ça suffisait.

Ai-je aussi un côté « Je n’ai besoin de personne, sur mon Petit Vélo » ? Oui un peu…

 

C’était la dernière séance…

Être prête pour aller ailleurs c’est bien, mais il faut également quitter l’ici. Mettre sa boite métallique motorisée au garage pour la retrouver au retour, faire les changements d’adresse  (on revient chez les parents!), mettre sa vie dans des cartons (qui ne tiennent pas trop de place!), anticiper l’échéance de sa carte bancaire qui tombe pendant le voyage !, les impôts etc… faire des photocopies des documents « importants », rassurer les parents et leur montrer sur « l’internet » qu’on peut Skyper !

C’est aussi quitter des personnes, que l’on connait depuis dix ans, ou rencontrée la veille, celles avec qui on n’a plus de secrets mais aussi celles qu’on aimerait bien connaitre un peu plus, c’est faire une coupure avec tous ceux qui nous entourent, et je le fais progressivement. Pas de fête de départ, pas de soirées géniales, un petit coucou au plus grand nombre de personnes, ceux que je n’avais pas vu depuis 2, 6 mois, 1 an, 2 ! La famille etc.  Je me déshabitue progressivement à être entourée par les personnes que j’apprécie le plus car c’est un appel au quotidien, à rester ici, à ne pas les laisser. C’est donc plus facile à gérer comme ça. Sur le papier je pars 6 mois, mais réellement je n’en ai aucune idée, ça peut être 2 semaines, 1 an, 3 ? Ne jamais revenir ? On ne peut jamais prévoir quand on a envie de s’abandonner aux méandres de la vie, il faut les laisser vous transporter là où bon leur semblera.

N’étant pas sûre de moi dans cette épopée, je choisis de ne pas en faire des tonnes, cependant afin d’accepter l’idée, de l’apprivoiser, de montrer à vos interlocuteurs, qui plus est ceux qu’il faut convaincre (la famille !), il est important d’en parler au plus grand nombre de personnes autour de vous. Le sourire qui se dessine, l’œil qui brille, la joie dans votre cœur lorsque vous en parler ne trahit pas, mieux, elle se propage, et vous gagner votre auditoire, qui vous pousse, et ainsi de suite. C’est un cercle vertueux qui vous apporte la tonne d’énergie nécessaire pour la suite !

Je ferme les cartons et quitte la douce bourgade de Bourg en Bresse qui m’a ouvert ses bras pendant 1 an. Je fais un dernier stop à l’hôpital pour un don du sang, j’y tiens, et bourre la Fiesta de mes cartons, en route pour le 42 !

 

 

Keep in touch !

 

 

La condition siné qua none d’un voyage itinérant, c’est quand même de donner des nouvelles. De plus, ayant été inspirée par des tas de blogs, de personnes qui ont partagé leur expérience au travers de salons spécialisés, de films, de livres, il me paraissait normal de faire un blog, et raconter mon expérience, quelle qu’elle soit, même si ça avait été 15 jours de pluie et retour à la maison, je ne voulais pas garder ça pour moi. C’est l’envie d’entrer dans le cercle vertueux des faiseurs de rêves, de ceux qui vont au bout de leurs envies, de leurs folies, et inspirent les autres à en faire autant. C’est prétentieux, oui mais, j’ai regardé les personnes qui m’ont inspiré avec un œil qui pétille, ils m’ont littéralement fait rêvé.

La communication est essentielle quand on voyage seul. D’une part pour expliquer son projet car il est important que son entourage adhère, comprenne cette envie (en gros annoncer à ses parents que le bonheur n’est peut être pas dans le pré mais au bout du chemin). D’autres part tout au long du voyage c’est un moyen de faire partager son quotidien, et pour ceux qui ne sont pas partis d’être un petit peu avec nous.

La création d’un blog m’a donc parue essentielle !

N’étant pas « du métier », j’ai improvisé un blog sur une des plus célèbres plateformes, WordPress.
Bon, si vous lisez ces lignes c’est que normalement il donne envie de le suivre !

 

 

L’assurance, grand dilemme. On veut quitter la société régie par la peur et donc le principe de l’assurance que l’on paie, nous protégeant de tout, et surtout de nos économies. Mais l’inquiétude des proches fait que par soucis de responsabilité, j’avais une assurance …pendant les 3 premiers mois, mais qui je crois faisait doublon avec celle de ma carte bancaire et celle de la carte fidélité Vieux Campeur…

 

La préparation physique

La quoi ?

Dans les faits, pour partir en tente et pédaler tous les jours, il faut seulement beaucoup d’envie et du mental. Le camping sauvage je n’en ai jamais fait et pourtant on verra bien, je pars à l’aventure pure et simple !

Côté physique, j’ai toujours enchaîné les activités sportives depuis quelques années, persuadées que ça me servirait au cas où je souhaiterais faire le grand saut, mais c’est à la portée de tous.